Abemtui, militaire retraité, ramasseur d’ordures : « il n’y a pas de sot métier »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 12 mai 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Emploi
AUTEUR : Masbé Ndengar

Abemtui est un militaire à la retraite. Avec son dernier salaire, il a acheté un âne et une charrette. Il s’est trouvé un autre métier : rendre la ville de Ouagadougou propre en ramassant les ordures. Il refuse « la vie de canapé » qui semble être adulé par bon nombre de retraités. « Après la retraite, une autre vie est possible », foi de l’ancien militaire.

Le natif du Nahouri a décidé ainsi d’apporter sa contribution au développement de son pays. Il sillonne chaque matin la capitale burkinabè pour la débarrasser des immondices et autres impuretés, causes de nombreuses maladies. Pour lui être ramasseur d’ordure n’est pas un métier dévalorisant mais bien au contraire : « il n’y a pas de sot métier », dit-il. Il est fier de son nouveau métier qui le fait vivre.

Avec les menaces terroristes et le grand banditisme, le soldat Abemtui se dit être prêt à défendre son pays jusqu’au dernier cartouche, au cas où l’armée lui fait recours.

« La paix, c’est aussi l’Iran et l’Irak. Combats fratricides complexes, incompréhensibles ; où l’on ne sait plus qui est dans quel camp, tant les imbrications sont nombreuses. Mais où l’on peut retenir simplement que ces armes dont les cliquetis signifient la mort chantent aussi la tristesse pour les femmes, les enfants, les vieillards, ces armes-là, sont fournies chaque jour par ceux qui se nourrissent du sang des autres, par ceux qui jubilent lorsque le fer tue et que le feu brûle ».

Thomas SANKARA, le 17 novembre 1986 lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou.

img