Mémorial Thomas Sankara : La stèle sortira bientôt de terre

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : lundi 15 octobre 2018
CATEGORIE : Articles
THEME : Culture
AUTEUR : Mouniratou Lougué

Ce 15 octobre 2018, a marqué la pose de la première pierre de la stèle sur laquelle doit reposer la statue géante de Thomas Sankara et les bustes de ses douze compagnons assassinés en 1987. En ce trente et unième anniversaire, cette cérémonie marque les premiers pas de la construction du mémorial Thomas Sankara sur le site du Conseil de l’entente.
« Les héritiers, amis, sympathisants et la nation toute entière, veulent le (NDLR : Thomas Sankara) faire renaître de ses cendres, sur le site du conseil de l’entente, où un jeudi dans l’après-midi, il est sorti de la salle de réunion, les mains en l’air, où il a été fauché par les balles assassines et traîtresses », c’est par ces mots que le colonel Sanou Bernard, président du Comité International Mémorial Thomas Sankara (CIM-TS) a expliqué le choix du site.
Ce lieu a été retenu au cours du colloque international tenu au Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) en octobre 2017, et validé officiellement par le gouvernement burkinabè. Et c’est le ministre de la culture, des arts et du tourisme Abdoul Karim Sango, parrain de la cérémonie qui a procédé à la pose de cette première pierre.

Cet acte, selon le colonel Sanou, est la matérialisation concrète du réveil du phénix, afin que tous ses héritiers de par le monde, aient un lieu de rencontre, d’inspiration, de ressourcement de l’idéal du président Thomas Sankara, afin de continuer à «  oser inventer l’avenir ». De son entendement, cet espace constituera un environnement de créativité ouvert à tout homme épris de paix, de fraternité et d’amour, où pourront être engagées des luttes pour des combats nobles et justes, présents et futurs.
« Ainsi l’avènement d’un espace vital régi par les valeurs humanismes, de justice, de pacifisme, de dignité, de respect de la vie et des libertés sera bientôt une réalité ». C’est pourquoi il a souhaité que ce jour soit vécu sous le signe de l’espoir, et de la renaissance.

Présentation de la stèle
Sur cette stèle reposera la statue géante de 5 mètres en round box de Thomas Sankara et les bustes de ses douze compagnons, en bronze patinée, et réalisés à partir de la technique de la cire perdue. La statue sera montée sur un socle en béton d’une hauteur de 3 mètres en forme pyramidale à 4 faces. Sur chaque face du béton seront disposés trois visages incrustés. Les bustes seront en haut relief, coupés comme la représentation d’une photo d’identité.
La réalisation a été proportionnellement calculée pour être intégrée dans le plan du mémorial.
Cette œuvre a été réalisée par une entreprise burkinabè, le centre Espace Culturel Barso, dirigée par Jean Luc Bambara. La cinquantaine d’artistes plasticiens professionnels burkinabè regroupés au sein de ce centre, n’ont disposé que de soixante jours pour réaliser cette œuvre gigantesque, sous le contrôle fréquent de Tahirou Barry, alors ministre en charge de la culture, lors des visites surprises. Ce dernier avait d’ailleurs souhaité que cette œuvre soit réalisée au Burkina, et par des burkinabè. Un vœu exaucé, à en croire la tête pensante de la stèle, car aucune expertise étrangère n’aurait intervenu dans la réalisation.

Le bâtiment ‘’Burkina’’ où Thomas Sankara et ses 12 camarades ont été assassinés

La commémoration de ce 31e anniversaire a aussi été marquée par un Grand panel autour du thème « Politique sécuritaire sous le CNR : quels enseignements pour la situation sécuritaire actuelle au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest ? », et d’une projection suivie de débat du film « Capitaine Thomas Sankara », en collaboration avec le mouvement « Balaie citoyen ». Et la présente cérémonie, a été couronnée par la visite du bâtiment ‘’Burkina’’ où les 13 camarades ont rendu leur dernier souffle, ainsi que la dédicace du livre « Thomas Sankara, les témoignages en toute vérité » du journaliste Charles Kiendrebéogo.

Mouniratou LOUGUE

« Là où le peuple a été trop longtemps tenu à l’écart des lumières du droit, le vice devient la norme, le tortueux la règle, l’arbitraire la vertu. »

Mongo Beti in Trop de soleil tue l’amour

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