MACO : Les parents des détenus manifestent

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 17 avril 2019
CATEGORIE : Articles
THEME : Justice

La matinée de ce 15 avril a été particulièrement mouvementée devant la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Autour de 8h, une vingtaine de femmes a barré la voie de la RN 1 en face de la MACO, créant ainsi un certain désordre. Elles réclament pour l’essentiel l’accès à la cour pour rendre visite, comme d’habitude, à leurs proches.

Les unes barrent la voie avec des pneus et des pierres, en indiquant aux passants de s’arrêter pour tout au moins écouter leur cause ; tandis que d’autres tentent d’expliquer aux médias déjà présents la raison de leur manifestation. Sur les pancartes on pouvait lire : "Pas de jugement, pas de visite, nous demandons pardon aux autorités du pays".

Nous contactons l’une d’elles qui semble contrôler la barricade de la voie. "Non je ne veux pas qu’on me filme", nous dit-elle. Elle nous explique néanmoins, hors caméra que depuis une dizaine de jours, elles n’ont pas accès à la cour de la MACO. Elles ignorent aussi si les commissions qu’elles envoient parviennent à leurs parents, etc. Sétou ZIO, une autre manifestante nous fait comprendre que depuis 7 mois, son fils est détenu sans jugement, et la dernière actualité est un report de ladite date. Pendant qu’elle se confie à nous, une altercation naissait entre manifestantes et une passante qui a reçu une pierre sur son véhicule.

En rappel, les gardes de sécurité pénitentiaires avaient entamé un mouvement d’humeur depuis octobre 2018, suspendu en janvier 2019 à la suite de négociation avec une commission tripartite. Ils ont repris leur mouvement d’humeur il y a deux semaines, pour réclamer entre autres, le décret d’application pour leurs avancements, et du matériel de travail dans un contexte d’insécurité notoire. A cette occasion, les visites et les actes de justices les impliquant sont suspendus. Seuls les repas des visiteurs sont récupérés et transmis aux détenus, sans accès à leurs proches.

Au moment où nous quittions les lieux, les agents de la Compagnie Républicaine de Sécurité s’y étaient déployés et enjoignaient aux manifestantes de débarrasser la route des barricades.

Rosalie KONKOBO et Aristide OUANGRE
Stagiaires

L’État burkinabé a pris des mesures notables pour faire respecter les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles, comme le droit international l’y oblige. Alors que le 1er juin se rapproche, nous espérons qu’il tienne sa promesse de fournir des services de planning familial gratuits et aille beaucoup plus loin afin de garantir que ces services soient véritablement accessibles, et ce de façon équitable, à toutes les femmes et les filles, peu importe où elles vivent, et que les autres obstacles qui entravent l’accès à la contraception, comme le manque d’information, soient éliminés grâce à une campagne globale de sensibilisation au niveau national.

Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

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