Circulation des camions aux heures non autorisées : « Non aux cercueils ambulants »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : lundi 13 mai 2019
CATEGORIE : Articles
THEME : Société

Ce samedi 11 mai 2019, s’est tenu à Ouagadougou un sit-in de protestation contre la circulation des véhicules poids lourds aux heures non autorisées. Il s’est agi pour Constant Yiyé BAZIÉ, organisateur du mouvement, de dénoncer la non-application de la loi aux routiers, devenue depuis près d’un mois, la source de désolation de bien de familles.

Il est 8h lorsque nous arrivons à la Place de la Nation. L’affluence est faible. Il s’agit d’un sit-in pour protester contre la circulation des camions en ville pendant les heures non autorisées, c’est-à-dire, en dehors de la période comprise entre 22h et 5h du matin. Déjà le 7 mai dernier, le maire de la commune de Ouagadougou signait un nouvel arrêté portant réglementation de la circulation et du stationnement des véhicules poids lourds.


Constant Yiyé BAZIÉ, conseiller municipal et initaiteur du sit-in

Le conseiller municipal de l’arrondissement 2 de Ouagadougou a déploré ce qui arrive actuellement sur nos routes : « Nous perdons de brillants élèves, notre relève. S’il est vrai que ce n’est pas nous qui pouvons décider du destin de telle ou telle personne, il ne faut pas non plus qu’on mélange Dieu à la bêtise humaine. D’autant plus qu’une loi a été votée, il s’agit de l’appliquer et c’est tout".
Du côté des autres manifestants, c’est le même message. L’on pouvait lire sur les pancartes, "Non aux cercueils ambulants".
Par rapport à la faible mobilisation, l’organisateur a fait comprendre que par des pressions diverses, des gens qui avaient soutenu le mot d’ordre se désistent par la suite. Mais il a tenu à relever le bon déroulement du sit-in. À l’endroit des internautes, il dira : "c’est bien de présenter ses condoléances, mais ce n’est pas en écrivant des « RIP » sur les réseaux sociaux qu’on construit une société. C’est déjà bien, mais il faut agir concrètement, et c’est ce que nous avons fait."


La faible mobilisation n’a pas découragé l’organisateur

Pour Rasmané NIKIÉMA de la Fédération des associations de promotion de la sécurité routière, ce n’est pas une affaire politique mais de sécurité de "nos enfants". Il faut selon lui, que chacun prenne ses responsabilités. Les autres manifestants ont déploré le silence complice de certains, sinon de tous. Ils ont également interpellé à plus de responsabilité des parents en protégeant la vie des enfants notamment par le port du casque.
Alors que le sit-in prenait fin dans la matinée du samedi 11 mai, nous apprenons dans la soirée qu’une élève du Complexe Scolaire Sainte Famille de Pissy a été fauchée par un camion non loin du siège de la SONABHY.
L’étape majeure et la prochaine est l’atteinte de 15.000 signatures de la pétition lancée depuis trois semaines maintenant, qui devra être transmise à l’Assemblée Nationale. En attendant, Constant Yiyé BAZIÉ continue de dénoncer régulièrement sur les réseaux sociaux ces cas de violation de la loi.

Aristide OUANGRE, stagiaire

« Là où le peuple a été trop longtemps tenu à l’écart des lumières du droit, le vice devient la norme, le tortueux la règle, l’arbitraire la vertu. »

Mongo Beti in Trop de soleil tue l’amour

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