La fin de la faim dans le monde n’est pas pour demain

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mardi 16 juillet 2019
CATEGORIE : Articles
THEME : Société

Le nouveau rapport des Nations Unies sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde donne froid dans le dos. Une personne sur neuf soit 821,6 millions de personnes souffrent de faim dans le monde.

Dans un rapport publié ce 15 juillet, les Nations Unies tirent la sonnette d’alarme sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde. Les chiffres sont inquiétants. La faim est en nette augmentation dans plusieurs régions du monde. L’atteinte de l’Objectif zéro faim des Objectifs de Développement Durable (ODD) d’ici 2030 constitue un véritable défi pour les décideurs du monde ; ceux qui s’y intéressent et se sont engagés sincèrement. De 785,4 millions de personnes à être touchées par la faim en 2015, ce chiffre est passé à 821,6 millions en 2018. Après une baisse constatée pendant plusieurs années, c’est la quatrième année consécutive que l’insécurité alimentaire gagne du terrain. « La faim s’aggrave dans de nombreux pays où la croissance économique accuse un retard, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire et ceux qui dépendent fortement du commerce international des produits de base. », précise un communiqué conjoint des organisations signataires du rapport. Ce qui n’est pas sans graves conséquences. Les inégalités sont également en nette hausse et rendent encore la vie plus difficile pour « les pauvres, les personnes vulnérables ou marginalisées ». L’Afrique subsaharienne et le Burkina Faso sont concernés par cette crise alimentaire.

L’Afrique subsaharienne parmi les régions les plus touchées

En Afrique, 256,1 millions de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire en 2018. Plus de 90%, soit 239,1 millions de ces personnes vivent en Afrique subsaharienne. La prévalence de la sous-alimentation a atteint 22,8 % en Afrique au sud du Sahara. La faim est donc repartie à la hausse dans presque tout le continent. Un drame silencieux qui sévit le plus dans les zones rurales et souvent dans l’indifférence la plus totale. « Compte tenu de ces chiffres et des tendances observées au cours de la dernière décennie, atteindre l’objectif Faim zéro d’ici à 2030 apparaît comme un défi toujours plus redoutable. », indique le rapport. Pour les premiers responsables de la FAO, du FIDA, de l’UNICEF, du PAM et de l’OMS, « les mesures que nous prenons pour contrecarrer ces tendances préoccupantes doivent être plus audacieuses, non seulement par leur ampleur, mais aussi en termes de collaboration multisectorielle ». Dans le rapport, le Burkina Faso est classé parmi les pays fortement dépendants des importations et des exportations de produits de base. C’est un pays à faible revenu et à déficit vivrier. Rien d’étonnant. En 2018, des régions dont le centre-nord, étaient sévèrement touchées par cette insécurité alimentaire. Le cas du village de Noogo en est une parfaite illustration.
« En conclusion, le rapport recommande des politiques à mener sur le court et sur le long terme pour résoudre ces problèmes sous-jacents et préserver la sécurité alimentaire et la nutrition en période de ralentissement de la croissance ou de fléchissement économique  ». La fin de la faim dans le monde n’est pas pour demain.

Ismaël COMPAORE

« La paix, c’est aussi l’Iran et l’Irak. Combats fratricides complexes, incompréhensibles ; où l’on ne sait plus qui est dans quel camp, tant les imbrications sont nombreuses. Mais où l’on peut retenir simplement que ces armes dont les cliquetis signifient la mort chantent aussi la tristesse pour les femmes, les enfants, les vieillards, ces armes-là, sont fournies chaque jour par ceux qui se nourrissent du sang des autres, par ceux qui jubilent lorsque le fer tue et que le feu brûle ».

Thomas SANKARA, le 17 novembre 1986 lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou.

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