Guinée : Parti du pouvoir comme il est arrivé, Dadis Camara compte revenir

PAYS : Guinée
DATE DE PUBLICATION : jeudi 14 mai 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Politique
AUTEUR : Redaction

Dadis Camara est candidat à l’élection présidentielle d’octobre prochain en Guinée. L’annonce fut faite à Ouagadougou ou il séjourne depuis 2010, le 11 mai dernier, au cours d’une conférence de presse. Après la fuite de son protecteur Blaise Compaoré du pays suite à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, l’enfant du N’Zérékoré se voit à nouveau présidentiable. Il est candidat du parti des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD).

C’est depuis Ouagadougou, sa terre d’exil doré, que Dadis Camara, l’ex chef de la junte militaire a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Personne ne s’y attendait, c’est le moins que l’on puisse dire. Discret, on le croyait à la retraite, mais contre toute attente, il se forge encore un destin de président. C’est vraiment si difficile de s’éloigner du palais présidentiel lorsqu’on a déjà goûté aux délices du pouvoir. Dadis veut-il la présidence pour éviter de passer devant la justice ou pour l’amour de sa patrie ?

De l’espoir au désespoir

Lorsque le problème de succession de Lanssana Conté s’est posé, Dadis Camara, le jeune capitaine a vite fait de prendre les rênes du pouvoir. D’un franc parlé et sans avoir froid aux yeux, beaucoup d’Africains le comparait à Thomas Sankara. Ils exultaient car ils croyaient à la venue d’un messie. Mais très vite ils ont déchanté. L’euphorie d’autrefois a cédé la place à la désolation. La déception était visible vu la gestion anarchique du pouvoir par le jeune capitaine. Dadis devient aux yeux de beaucoup d’observateurs, le symbole de l’humiliation et du mauvais gestionnaire du pouvoir d’Etat : Remaniements ministériels tous azimuts, licenciement sans raison, sans oublier des écarts de langage qui s’observaient çà et là, etc.

Sauve-toi, toi-même !

C’est un Dadis bien en forme, dans un corps dodu et caché derrière ses verres noirs qui a animé la conférence de presse annonçant sa candidature pour l’élection présidentielle d’octobre. Visiblement, c’est une vie aisée qu’il mène depuis ce temps dans la capitale du cinéma. Son sauveur « le Blaiso » s’en est bien occupé. Maintenant que ce dernier n’est plus aux affaires, Dadis a peur pour son avenir. Il doit donc non seulement se prendre en charge comme un grand garçon mais surtout constituer sa propre défense pour faire face à ses propres adversaires. C’est l’instinct de survie !

Le 28 septembre 2009 restera-t-il impuni ?

Lundi 28 septembre 2009, le peuple guinéen était réuni dans un stade à Conakry pour protester contre une éventuelle candidature de Dadis aux élections de 2010. L’armée guinéenne, connue pour sa gâchette facile a ouvert le feu. Résultat : 157 morts. Que s’est-il passé ? « Je ne maitrise pas l’armée », telle était la réponse que Dadis avait fournie à l’époque en guise d’explication. Outre ce massacre, c’est aussi 109 femmes et filles qui ont été violées. Depuis ce temps, le peuple guinéen exige des explications et surtout la justice, mais c’est le statu quo. C’est avec le sang des guinéens en main que le 2e Amin Dada, (c’est le surnom qui lui a été donné) veut briguer la magistrature suprême de son pays. Si sa candidature est un alibi pour échapper à la justice de son pays alors ce serait un mauvais casting de sa part parce que cette même justice n’a pas encore dit son dernier mot.

On sait qu’en Guinée, l’opposition et le pouvoir sont à couteaux tirés sur le calendrier électoral. De quel côté le « show man » se rangera-t-il ? Sera-t-il une alternative à la crise ? Pour l’heure, c’est une énigme à élucider !


Masbé NDENGAR

L’État burkinabé a pris des mesures notables pour faire respecter les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles, comme le droit international l’y oblige. Alors que le 1er juin se rapproche, nous espérons qu’il tienne sa promesse de fournir des services de planning familial gratuits et aille beaucoup plus loin afin de garantir que ces services soient véritablement accessibles, et ce de façon équitable, à toutes les femmes et les filles, peu importe où elles vivent, et que les autres obstacles qui entravent l’accès à la contraception, comme le manque d’information, soient éliminés grâce à une campagne globale de sensibilisation au niveau national.

Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

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